05/01/2019 – Acte VIII à St Nazaire

Un regard avec plusieurs points de vue sur la journée de Samedi 05 Janvier 2019.

Et un nouveau reportage vidéo de lundi.am

https://lundi.am/Comme-un-gout-de-revanche-a-Saint-Nazaire

Extrait du comtpe rendu de l’AG Bilan du soir à la MdP

Action du pont : l’objectif était d’aller faire une belle photo en haut mais le prefet a décider d’en interdire l’accès. On s’est efforcé de faire passer les voitures malgré le refus de la police. Et au final, c’est à coup de lacrymos qu’ils ont voulu nous chasser. Après 2h, on a quitté les lieux pour aller à la sous préfecture.

En ville : C’était largement improvisé, on peut sans doute arriver à mieux organiser les choses – et il va falloir y travailler – mais l’improvisation a aussi son intérêt. « c’est vrai qu’on était un peu plus énervé aujourd’hui, j’avoue » à dit quelqu’un : la colère devant la répression, les scandales de nos blessés expliquent en partie l’ambiance de la manif d’aujourd’hui où on a pas tout contrôlé.
Au final, parmi les choses dégradées : quelques poubelles brûlées, banques cassées (c’est le même message que quand on les avait repeinte, dis autrement …), commissariat. C’est tout. Et c’est bien peu en regard de ce que les forces de l’ordre infligent à celles et ceux qui manifestent (sans parler bien sûr de la violence sociale au quotidien). “

Couverture presse

Point de vue sur la couverture journalistique par un observateur des Pieds dans le PAF

MOUVEMENT DES GILETS JAUNES : LES MEDIAS EN QUESTION A PLUS D’UN TITRE…
Samedi, J’ai participé à la manifestation sur le pont de Saint-Nazaire.
Arrivé à Saint-Nazaire au rond-point de l’aire Bleue vers 10h30, la manifestation se dirige en direction du pont. En bas de ce dernier un cordon de CRS fait barrage… Les Gilets Jaunes font face sans aucune violence… Sur mon téléphone apparaît une notification du journal Ouest-France : « Gilets Jaunes. Près de St Nazaire, affrontements entre forces de l’ordre et manifestants » (je cite le titre de mémoire car je n’ai hélas pas réalisé de capture d’écran). L’article a été publié à 10h20…


Constatant le décalage entre ce qui se passe et le titre de l’article, je marche à la rencontre de journalistes présents pour connaître leurs ressentis sur ce titre d’article… Ils sont tous … surpris de ce titre… Entre-temps, les CRS tirent des gaz lacrymogènes sans aucune raison. Il n’y a pas de débordements.
D’ailleurs, suite à cet article, une des personnes avec qui j’échange avait reçu un appel de sa rédaction pour avoir confirmation des affrontements. Elle les a démentis précisant qu’il n’y avait que des tirs de gaz lacrymogènes sans aucune provocation des manifestants.
Un des journalistes me présente son confrère de Ouest-France qui n’était dans le groupe avec qui j’échangeais. Je lui demande si, pour lui), le titre de l’article correspond aux faits… Sa première réaction est d’être cynique : « Vous savez bien qu’on fait de la désinformation… J’ai d’ailleurs pris une carte de presse pour ça ».
Il poursuit : « de toute façon, les gens ne sont jamais contents car ils voudraient que l’on que nous écrivions uniquement ce qu’ils disent ». Je lui réponds que c’est faux et que l’ « on ne demande pas aux journalistes d’être objectifs mais d’être honnêtes » (citation de Florence Aubenas, journaliste et Miguel Benasayag, philosophe, dans « la fabrique de l’information », publié en 1999)
Trouvez-vous ce titre honnête, monsieur ? Il me rétorque que je ne connais rien à son métier (sic). Il n’a aucunement la possibilité, en étant sur le terrain, d’écrire les articles. Il envoie ses informations et ses photos via son smartphone à la rédaction qui les façonnent et qu’il n’a pas le temps d’en vérifier l’exactitude. Je lui demande alors si ce titre erroné ne lui posait pas de souci.
Il s’éloigne de moi en téléphonant, apparemment, à la rédaction … Quelques minutes plus tard, le titre de cet article devient « Gilets jaunes. Près du Pont de Saint-Nazaire, face à face entre forces de l’ordre et manifestants ».
Affrontements ou face à face, la nuance n’est pas anecdotique…
Cette petite histoire médiatique est éclairante sur la chaîne de construction de l’information. Les journalistes sur le terrain ne maitrisent pas forcement la diffusion de ce qu’ils communiquent à leurs rédactions. S’ils ont évidemment une part de responsabilité dans cette chaine, ils n’en sont qu’un maillon… On peut leur reprocher de ne pas être réactif quand il y a un décalage entre les faits, leurs interprétations et ce qui est publié ou diffusé. Certains le sont pourtant … en interne.
Dans ces échanges avec les journalistes, j’ai entendu certains évoquer leur lassitude et leur honte parfois de ce que font leurs médias et ne sachant plus quoi dire aux personnes qui les interpellent souvent avec véhémence dans les manifestations. Peut-être pouvons-nous aussi en tenir compte…
Mon témoignage n’est qu’un point de vue critiquable, imparfait certainement mais le plus honnête possible… Usager des médias et non journaliste, j’attache de l’importance à cette notion de point de vue car elle rappelle qu’il peut en avoir d’autres. Si les journalistes pouvaient également avoir la même attitude, nous aurions fait un grand pas…
Denis

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